Maison d'édition Elan Sud, littérature générale, à Orange (84). Ses auteurs et leurs romans. Parutions, articles, interviews, commentaires. Actualité des salons du livre, rencontres avec le public. Site d'échange littéraire. Organisation du concours de manuscrits : Prix première chance à l'écriture
Invité par l’Alliance française de Santiago de Cuba à présenter mon premier roman « Toca Leòn! », il ne m’a pas fallu longtemps pour dire oui, ceux qui me connaissent comprendront pourquoi. Il s’agissait de partager une conversation avec des élèves cubains, enfin, c’est ce que je pensais au premier abord. Mais, en arrivant dans cette grande bâtisse consacrée à l’étude de la langue française par ses cours et sa bibliothèque, une toute autre expérience m’attendait.
Aujourd’hui silencieuse et studieuse, je l’avais connue bien différente, cette maison, envahie par le son des instruments de musique : tambours, cuivres, piano, cloches, claves, timbales… mais aussi les chants, les pas de danse, dans la chaleur humide du mois de juillet 2001.
« Aujourd’hui, une boucle s’achève, car c’est ici qu’est né ce roman. À cette époque, je n’avais aucune idée que cette histoire allait voir le jour, et pourtant, me voici, presque dix ans plus tard, dans cette même salle. Il y avait là un tableau où Gali écrivait la clave ainsi que le positionnement de chaque tambour bata… C’est là que mes premières expériences fortes avec les tambours ont vraiment commencé. C’est là que j’ai senti vibrer dans mon ventre la musique sacrée. Il semble naturel aujourd’hui que je me retrouve ici, en pèlerinage inattendu. »
Dans la rue déserte, les murs transpirent encore la chaleur du jour. Des courants d’air fugitifs s’infiltrent dans la moiteur, prémices du répit nocturne. Les maisons grandes ouvertes offrent leur quotidien modeste. Sur une terrasse, pendue par un fil, une ampoule nue, séductrice de mille petites ailes diaphanes, accorde son halo aux joueurs de dominos. Ils délaissent leur jeu un instant pour suivre les passants.
Les courants d’air transportent des mélodies de trompette aux accents de « son », musique traditionnelle de Santiago, accompagnées d’odeurs métissées inconnues, mélange de ces murs, de ces terrasses, de cette ville aux contours engloutis dans le noir profond de la nuit. Doucement, les mille détails de la journée s’évanouissent pour ne laisser place qu’au silence des deux voyageurs.
Léon sent une boule grossir dans son ventre. Faire le beau avec les copains, c’est facile, mais l’idée de rencontrer Galoo le met mal à l’aise, comme avant un examen. Le peu qu’il a entendu de Galoo, c’est qu’il est un Maître en percussions, mais aussi en religion. Léon affiche un sourire détendu à qui veut bien y croire, mais dedans, il n’ose pas réfléchir à ce qui va se passer.
Les élèves et les professeurs attentifs manifestèrent leur enthousiasme :
Il va sans dire que j’ai offert un exemplaire dédicacé de « Toca Leòn! » à la bibliothèque et me suis engagé à leur envoyer La grande Borie. J’en profite pour inviter tous ceux qui le souhaientent à leur envoyer des livres :